Château Royal de Quierzy Les jardins du Château Royal de Quierzy
L'ouverture au public des jardins privés, la redécouverte de l'art des jardins et le renouveau et le changement, induits par les amateurs comme par les professionnels répond au besoin ambiant de se réapproprier un savoir empirique longtemps délaissé.
Endormi depuis plus d'un siècle après les destructions consécutives aux deux guerres mondiales, le village attend la renaissance du château et de ses jardins pour entrer dans la dynamique du XXI è siècle. Le projet veut à la fois mettre en valeur le site et mettre en lumière son passé.
Grâce au plan tracé en 1830 par l'architecte Claude François Petit, une reconstitution des anciennes murailles par des structures végétales virtuelles est l'un des éléments du projet, qui sera totalement réalisé en 2007.
Ces deux hectares de prairie bordés par une courbe de l'Oise sont naturellement un observatoire de la faune et de la flore qui entourent le site classé «Natura 2000», intact depuis l'époque carolingienne. Il permet d'envisager, en tenant compte de l'histoire du monument qui a évolué du Haut Moyen Age à la Renaissance, la réalisation de jardins à la fois utilitaire et d'agrément. Le réamènagement du jardin clos, en jardin courtois et l'aménagement du conservatoire botanique de plantes aromatiques et médicinales indigènes du Haut Moyen Age.
Les jardins du Château Royal de Quierzy se composent de jardins d’agrément et d’un jardin utilitaire « le Conservatoire ».
Ces jardins d’agrément jalonnent votre parcours, de l’entrée à la cour intérieure, des remparts à la poterne au bord de l’Oise. Ces jardins enchantent l’ouïe car les oiseaux s‘y plaisent, l’œil par ses couleurs chatoyantes, enfin le nez par les parfums qu’elles répandent.
Il vous restera à toucher et à gouter les plantes du Conservatoire pour que vos cinq sens soient en éveil.
"L’hortus conclusus", cher à l’iconographie médiévale, est un petit jardin clos dédié à la vierge Marie, l’Enfant Jésus et aux anges. Il s’inspire du Cantique des Cantiques : - « Tu es jardin clos, ma sœur, mon épouse, un jardin clos, une source scellée ». Cette citation est toujours attachée à la vierge Marie et à sa pureté, où éclosent le lys blanc symbole de sa virginité, la violette de son invincible humilité, et de la rose de son inlassable charité. Là se trouvent les plantes et fleurs du paradis, parfois l’arbre de connaissance et la fontaine de vie.
Par la suite, le jardin clos se transforme en jardin courtois du "Roman de la Rose", en un lieu de délices.
Dans "l’hortus conclusus" du Château Royal de Quierzy vous retrouverez tous les symboles du Moyen Age, ceux de la nature, arbres, fruits, fleurs, plantes, des animaux terrestres, des animaux aériens, des créatures fantastiques. Jardin des délices par excellence, dédié à la passion du Christ, vous y trouverez la sérénité, la paix, l’amour … peut-être.
C’est de "l’hortus conclusus" que s’inspire directement le cloître de couvent, où l’on commenca, au Moyen Age à étudier et à classifier les plantes.
C’est pourquoi sur le bord de l’Oise, se trouve le Conservatoire des plantes médicinales, encore et pour un moment en cours de classification, mais aussi en cours d’aménagement, afin de vous permettre d’accéder à la richesse de ce patrimoine naturel unique.
Ce jardin comporte environ 500 espèces encore en cours de recensement, dont les plantes du «Capitulaire De Villis» de Charlemagne. Elles poussent soit au printemps, soit en été, le plus grand nombre est en fleurs de juin à août.
Un bassin de plantes aquatiques va être réalisé afin que vous puissiez également voir les plantes de milieu plus humide des marais de Charlemagne, comme celles des bords de berges de l'Oise, mais qu’il serait dangereux pour vous d'aller voir en place.
Certaines espèces poussent là depuis le Haut Moyen Age, grâce à la fertilisation de l'Oise, c'est à dire, au limon qui s’y dépose tous les ans lors des inondations. Ce sont :
soit des vivaces, plantes dont les racines restent en terre, et dont ne pouvons envisager de les changer de place sans risquer de les voir disparaître,
soit des annuelles ou bisannuelles qui se ressèment naturellement dans un milieu sauvage, où nous intervenons le moins possible pour ne pas perturber sa bio-diversité.
Les parterres de la cour intérieure
Ces plantes servent depuis la nuit des temps à soigner et à nourrir les hommes.
Au Moyen Age, les gens des villes achètent leur «légumes» au marché aux herbes comme l’atteste encore le nom de nombreuses places en ville. Les villes étaient entourées d’une ceinture de cultures maraîchères, champ de navets, de raves, de choux, de lentilles, de pois, de fêves ou vesces, de céréales, de vignes et d’herbes médicinales pour la plupart comestibles. C’est à cette dernière catégorie que le conservatoire est destiné. Certaines de ces herbes ont de multiples vocations, médicinale, alimentaire, tinctoriale ou de tissage comme l’ortie qui était tissée avec ou sans lin selon la tenue que l’on souhaitait donner au tissu. Au Moyen Age, le tissu d’ortie sert pour les draps et les torchons, car il est doux et résistant.
Certaines plantes servent également de précieux auxiliaires pour le jardin comme engrais vert ou sous la forme de purin anti-parasitaire. D’autres encore offrent leurs fibres pour la fabrication de tissu, quand d’autres servent à le teindre.
Le Conservatoire est également un milieu de reproduction de certaines espèces animales, comme les papillons (entre autres le cuivré des marais, protégé), mais aussi de bien d’autres espèces précieuses pour les jardins, coccinelles, abeilles…
Certaines de ces plantes, comme les orties, sont indispensables à leur reproduction, d’autres comme les cardères à foulon autrement nommées « cabaret aux oiseaux » sont indispensables à ces derniers pour y trouver eau et nourriture.
Seul fléau, les ragondins qui envahissent les bords des rivières françaises et dont nous ne sommes pas épargnés. Ils accélèrent de façon alarmante l’effondrement des berges, ils provoquent des trous sur les chemins que nous vous avons aménagés.
Certaines plantes de ces prairies sauvages sont en voie de disparition, par manque d’information, mais aussi d’éducation. Nous ne connaissons plus l’utilité ni la façon de consommer ces plantes, pourtant très utiles à l’homme aussi bien pour son alimentation que pour sa santé.
Certains grands chefs de cuisine, comme Marc Verat, l’ont bien compris et chacun dans son milieu tente de réhabiliter ces denrées précieuses, en créant de nouvelles recettes afin de les sauver de l’oubli.
Nous vous proposons des fiches très complètes de reconnaissance de ces plantes sur votre parcours, elles contiennent : le nom et l’origine de la plante, sa légende si elle en possède une, son utilité et son utilisation jusqu’à nos jours.
Ainsi pour varier, comme le demande le ministère de la santé, vos menus avec des légumes verts que vous pourrez allez cueillir lors de vos promenades si vous avez appris à les reconnaître. Certaines plantes, comme les champignons, sont toxiques, mais elles sont rares, et plus facile à reconnaître. Vous pourrez facilement faire votre marché, il faut seulement se lancer, mais lorsque vous vous serez régalé de ces «omelettes aux herbes», de ces soupes d’orties, vous ne pourrez plus vous passer de ces compléments alimentaires, sources de santé ! Vous apprendrez peut-être même à en acclimater dans votre jardin, pour en avoir sous la main.
Le jardin des remparts
Château de Quiersy
Charles Martel choisit d'y finir ses jours, en 741.
Il a préparé l'avènement de son fils Pépin le Bref, dont l'épouse, Bertrade de Laon - plus connue sous le nom de Berthe aux grands pieds, va mettre au monde l'année suivante à Quierzy le futur Charlemagne.
Pépin le Bref reçoit à Quierzy en 754 le pape Etienne II et signe avec lui la donation de l'exarchat de Ravenne, reconnaissant aux papes un pouvoir temporel qui perdurera mille ans. Quelques jours plus tard, Etienne II sacre Pépin roi des Francs à Saint Denis.
Son successeur Charlemagne transforme progressivement la villa en palais et c'est sur ses fondations que s'élève le château actuel. Sacré empereur d'Occident par le pape Léon III à Rome en 800, il invite le pape à Quierzy en 804 et renforce les liens entre la Papauté et la France.
Son petit-fils, Charles le Chauve, écrit à Quierzy une nouvelle page de l'Histoire, en y signant le capitulaire de 877 qui établit l'hérédité des offices de la noblesse : il restera en vigueur jusqu'à la Révolution française, neuf siècles plus tard.